Sunday, March 04, 2007

SHAMBHALA et l’énigme du ROI du MONDE


De nombreux touristes se rendent à Shambhala (Shangri-la) dans le Yunnan du nord, historiquement la région est tibétaine. Non loin des magnifiques gorges du Saut du Tigre, la cité de Zongdian prétend être la mythique Shangri-la décrite dans le roman de James Hilton, " Lost Horizon ". Pour écrire son roman, Hilton s’est inspiré des articles de Joseph Rock, un explorateur et botaniste américain fasciné par la culture Naxi, dont les prêtres, les Dongba, sont les héritiers des Bönpo. Dans la mythologie Bönpo du Zhang zhung, il existe aussi un royaume extraordinaire, dissimulé au commun des mortels, son nom est Olmo lungring.
En 1973, un film musical reprend le thème de Shambhala. C’est un remake du film de 1937 de Frank Capra, " Lost Horizon ". Le paradis perdu de Shambhala fascine le public. Le thème rapporte des millions de dollars dans plusieurs secteurs économiques de l’édition au tourisme en passant par le cinéma.

Selon Ferdinand Ossendowski, informé par les plus hauts prélats du lamaïsme mongol, le paradis mystérieux des grands initiés est le royaume souterrain de l’Aghartta, un autre nom pour désigner Shambhala. Le Roi du Monde, le monarque universel, s’est réfugié dans les entrailles de la terre. Dès leur publication les révélations de Ferdinand Ossendowski font grand bruit. Une table ronde, sur le thème de l’Agarttha, est organisée à Paris, par les Nouvelles Littéraires, réunissant Guénon, Maritain, Grousset, etc.
René Guénon rencontre Ferdinand Ossendowski à plusieurs reprises avant de faire publier son livre " Le Roi du Monde " en 1927.
Saint-Yves d’Alveydre est le précurseur du mouvement. Il évoque le roi du monde ainsi que le royaume souterrain de l'Agarttha dans son ouvrage posthume, publié en 1886, " Mission de l'Inde en Europe ".

Pour René Guénon, "Le Roi du Monde doit avoir une fonction essentiellement ordonnatrice et régulatrice, (...) fonction pouvant se résumer dans un mot comme celui d'équilibre" ou d'harmonie", ce que rend précisément en sanscrit le terme Dharma. "

Aujourd’hui, nous sommes tous victimes du désordre mondial corrupteur et destructeur. Les peuples assistent impuissants à des catastrophes écologiques irréparables comme la disparition d’un grand nombre d’espèces animales et végétales. L’activité économique est responsable de la sixième extinction de masse de la vie sur terre. L’eau est imbuvable, l’air est irrespirable, la terre est empoisonnée… Le " Roi du Monde " semble bien indifférent à nos malheurs.

Jean-Louis Bernard, un auteur français, ayant vécu en Egypte, érudit dans les domaines de l’égyptologie, du tantrisme, du soufisme, propose un autre regard sur le monde souterrain d’Asie Centrale et son obscur monarque, évoqués par Saint-Yves d’Alveydre et popularisés par Ferdinand Ossendowski.

" La notion demeure floue, écrit Jean-Louis Bernard, elle donna lieu à mythomanie, certains ésotéristes occidentaux s’étant prétendus missionnés par les " grands initiés " de la cité souterraine et reliés télépathiquement à eux. Ces missionnés (par eux-mêmes) finirent généralement leur existence dans la médiocrité ou le scandale. "

" Le Roi du Monde, ce personnage serait caché au fond d’une cité souterraine que des radiations rendraient inaccessible aux humains. Ossendowski le décrit, lui et son assesseur, comme des momies animées ou comme des morts vivants, au visage voilé pour cacher leur crâne dénudé. Sans identifier vraiment le " Roi du Monde à ce personnage, René Guénon crut en un représentant de Dieu sur la terre ; il voyait là un parallèle avec Melchisédech (" melk " = roi) qui, dans la Bible confirma la mission d’Abraham. Toutefois, si le personnage évoqué par Ossendowski correspond à quelque vérité fantastique, l’immortel troglodyte, au lieu d’être une figure de haute spiritualité, peut résulter tout aussi bien d’une formidable opération de magie noire. Mme Alexandra David-Neel qui connut le Tibet secret, fait état de pseudo-lamas (moines) – des morts vivants justement qui, en des lamaseries écartées, pratiqueraient un vampirisme de grand style : des vieillards plus que centenaires, morts, mais non biologiquement ; ils attireraient par magie des voyageurs égarés et les convaincraient de se laisser mourir rituellement afin d’acquérir du mérite ou un " bon karma ", valable en une autre vie ! En réalité, les " moines " viseraient à leur prendre leur vitalité par osmose, au cours d’une agonie savamment allongée… Il se peut encore que les momies d’une civilisation inconnue d’Asie centrale aient engendré des " marouts " = âmes mortes incarnées, et que ce " roi du monde souterrain " ne soit pas autre chose. Certains ésotéristes chuchotent que le monde marxiste est tombé insidieusement sous l’influence d’un " gang " de marouts d’Asie centrale ; cela expliquerait la pesante tristesse et l’atonie des pays de l’Est. L’homme y est comme vampirisé par une force tentaculaire indiscernable ; il ne profite plus guère des joies de la vie, ni même des produits de son travail.
Si le cadavérique " roi du monde " incarne effectivement une grand-guignolesque imposture ésotérique, il sera bien sûr le roi de tous les marouts, zombis et ombres mortes. Il freinerait la décomposition des ombres les plus redoutables et exploiterait ces fantasmes morbides pour égarer les mystiques et les intoxiquer. Il serait alors l’arcane du spiritisme mondial (
channelling de nos jours) dont les médiums lui serviraient de prêtres et de prêtresses en appelant sur eux des ombres de décédés, celles-ci diffusant autour d’elles un insidieux poison, extrait des cimetières. Le pape noir de Lyon, personnage légendaire aussi serait l’un de ses relais, parmi d’autres. (…)

Mais qui alors tire les ficelles du Grand Marout ? Est-ce Dieu, Satan ou Lucifer ? La réponse est sans doute donnée par les fameux Hyksos – cavaliers d’Asie centrale qui occupèrent sauvagement l’Egypte durant un siècle et demi. Ils adoraient un dieu unique nommé Soutek (= Satan) et entreprirent la destruction méthodique des cultes égyptiens, à l’exclusion de celui de Seth (= Satan). En somme, leur mission occulte ou inconsciente, liée au " centre magique " qui les télécommandait d’Asie centrale, consistait à couper l’Egypte de son contact cosmique (culte d’Amon). Donc, à travers les Hyksos, Satan, le daïmon souterrain, se révoltait contre les hiérarchies cosmiques dont l’Egypte était le trône, tentant ainsi d’isoler la planète du cosmos. "

" Les archives de l’insolite " de Jean-Louis Bernard, 1978.
C'est clair, l'auteur ne participe pas à la propagande lénifiante en faveur des hiérarques du lamaïsme et de Shambhala (Agarttha).

Œuvres de l’auteur
Tout-Ankh-Amon ou l’Egypte sans Bandelettes, le Dauphin, 1967 .
Le Démonologue, le Dauphin, 1968.
Le Tantrisme, yoga sexuel, Belfond, 1973.
Aux origines de l’Egypte, Laffont, 1976.
Apollonius de Tyane et Jésus, Laffont, 1977.
Histoire secrète de Lyon et du Lyonnais, Albin Michel, 1977.

Thursday, March 01, 2007

LES DIEUX DE PROIE

" Je voudrais vous parler maintenant des dieux de proie ; tant que l’entité construite sur les plans mentaux appartient à un certain ordre de la manifestation, tant qu’il s’agit de certaines classes d’anges ou de déva, le danger est limité car le pouvoir angélique n’est pas habituellement tout-puissant et il est possible d’échapper au pouvoir fascinant du dieu, surtout dans les périodes cycliques des renouvellements. Mais la pensée humaine n’est pas seule à construire des dieux ; le monde subtil est immense, son étendue et sa pénétration sont d’ordre cosmique ; des êtres venus de lointains univers interviennent sur notre terre car la plasticité de la substance subtile est totale. Des formes extrêmement puissantes, libres, étranges, mouvantes vont et viennent dans cet univers très proche du nôtre mais où les lois du temps et de l’espace sont différentes. Ce sont les " influences errantes " de la Tradition extrême-orientale ; elles sont souvent d’une beauté indicible, mais la gloire et la splendeur n’implique pas nécessairement la valeur morale ; songez aux sectes étranges qui surgissent un peu partout à travers le monde, créées par des illuminés, sadiques ou masochistes, qui provoques une asthénie pathologique chez leurs disciples et, par hypnose, permettent les contacts avec les plans subtiles où règnent ces forces asuriques ténébreuses. "
Jean Marquès-Rivère, " LETTRES DE BENARES ".

Jean Marquès-Rivière est un des chercheurs occidentaux les plus importants sur le tantra tibétain de Kalachakra.
En 1943, il réalise " Forces occultes ", un film antimaçonnique.
Le bilan des persécutions est lourd, on parle de six mille francs-maçons arrêtés et mille furent déportés.
A la libération, ce responsable de la police secrète française sous Vichy et collaborateur de la SS, est condamné à mort par contumace.

Le thème des dieux de proie se retrouve dans un recueil de nouvelles d'Alain Daniélou, "Le bétail des dieux". Des humains sont vampirisés par des entités invisibles. "Les personnages représentés dans ces histoires sont réels", précise le célèbre orientaliste.
Toujours à titre anecdotique, le vieux lama érudit, Tenzin Namdak, met en garde ses disciples : "Il existe des gardiens mondains extrêmement dangereux. Si l'on fait leurs rituels et si on les a vénéré pendant trop longtemps, après la mort, ils vont vous garder comme esclaves, sans arrêt, à faire toutes les bases besognes, et sans rétribution !"