Wednesday, April 14, 2010

Au Tibet, magiciens faiseurs de temps


par le Dr André Migot

Pour de nombreux lecteurs, le seul nom de Tibet évoque des phénomènes mystérieux et surnaturels, une certaine littérature leur ayant présenté, de ce pays, un tableau romancé où l’on voit, à chaque détour du sentier, un ascète nu faisant fondre la neige autour de lui ou volant à travers l’espace.

Certes, des phénomènes supranormaux existent et j’ai pu en constater quelques-uns au cours des longs séjours que j’ai faits au Pays des Neiges. Mais ils sont rares. Les vrais thaumaturges ne se montrent pas et il faut vivre longtemps dans leur intimité pour connaître leurs pouvoirs.

Par contre, les pratiques magiques y sont très répandues.
Les images que ce texte accompagne se rapportent à l’une des plus curieuses : éloigner la grêle destructrice des récoltes ou au contraire faire tomber la pluie en cas de sécheresse. Dans les deux cas, le rôle du sorcier est d’agir sur les démons maîtres du temps et de les contraindre à lui obéir en pratiquant des rites spéciaux accompagnés de la récitation de formules appropriées. Pour comprendre l’importance de ces cérémonies magiques dans la religion tibétaine, il est nécessaire de dire quelques mots de ses origines.

Lamaïsme et magie

Cette religion, connue sous le nom de lamaïsme, représente une forme très spéciale du Bouddhisme, n’existant qu’en Mongolie et au Tibet. Lorsque le Bouddhisme pénétra dans ce pays au 7ème siècle de notre ère, il s’était déjà beaucoup éloigné de la doctrine primitive et avait constitué une nouvelle forme dite « tantrique » fortement imprégnée de magie. Au Tibet, il rencontre une religion autochtone très puissante : le Bön, culte de divinités naturelles, bonnes ou mauvaises, qu’il convenait de remercier ou d’apaiser par des sacrifices et des rites magiques. C’est de la fusion du Bouddhisme tantrique et du Bön, qu’est né le Lamaïsme ; et cela explique qu’il ait conservé jusqu’à nos jours, un aspect rituel et magique très prononcé.

La religion bön a survécu, mais elle s’est si bien assimilée au Lamaïsme qu’un monastère bön actuel ne diffère d’une lamaserie que par des détails peu importants, comme j’ai pu m’en rendre compte en visitant celui de Denchin-gompa dans l’Est tibétain.

Mais en dehors de ces monastères, il existe des religieux bön-po qui continuent à pratiquer la magie primitive. Ce sont des isolés, vivant dans des ermitages ou errant de village en village, vendant des charmes et des amulettes, prédisant l’avenir et pratiquant des rites magiques pour le compte des paysans. Ils sont généralement spécialisés et c’est parmi eux que se trouvent les « faiseurs de temps ».

Les bön-po n’ont pas d’ailleurs le privilège de ces pratiques magiques et de nombreux religieux appartenant au clergé lamaïque sont généralement spécialisés dans ce domaine. Chaque monastère, même dans la secte réformée des « bonnets jaunes », compte parmi ses membres quelques sorciers que l’on consulte en de nombreuses circonstances. Il existe même dans les grandes universités lamaïques de Lhassa des collèges spécialisés dans l’enseignement de la magie. Les religieux qui ont obtenu le diplôme de docteur de ces universités sont en général attachés aux grands monastères de la capitale. Ce sont les « maîtres de conjuration », intellectuels de la magie, tandis que les sorciers ordinaires sont des empiriques, généralement ignares, ayant reçu d’un maître l’enseignement traditionnel « de la bouche à l’oreille ».

Dzogchen-gompa

Certaines sectes ont une notoriété spéciale dans ce domaine, en particulier celle du « Grand Accomplissement ». En mai 1947, lors de mon premier voyage au Tibet, j’ai eu l’occasion de faire un séjour prolongé dans l’une de ses plus importante lamaserie : Dzogchen-gompa, située dans l’Est tibétain et d’y assister à certaines pratiques magiques.

Ce monastère est bâti dans un site admirable et je n’ai jamais vu, dans aucun pays du monde, de lieu plus manifestement prédestiné à la vie contemplative. Tapi dans un vallon élevé, oasis de verdure semblant suspendu dans le ciel, il fait face à un grand cirque boisé qui se perd dans les contreforts d’un puissant massif glaciaire qui domine le vallon de sa masse étincelante. C’est dans cette forêt escarpée que se trouvent les ermitages des lamas contemplatifs et des magiciens ; et j’ai pu y passer quelques jours dans une hutte contiguë à la maisonnette de l’un de ceux-ci. Bien qu’appartenant à la secte des lamas voisins, il menait une existence très indépendante, n’ayant guère de relations avec la lamaserie et se déplaçant au gré de ses occupations. Très peu communicatif, il me fut difficile de l’apprivoiser, mais sa qualité de confrère-médecin, et le don de quelques comprimés d’aspirine, me permirent cependant d’entrer dans ses bonnes grâces, ce qui est fort appréciable lorsqu’il s’agit d’un thaumaturge doué de pouvoirs redoutables !

Le Costume des lamas sorciers

Le costume habituel des sorciers est semblable à celui des lamas de la « secte rouge », mais au lieu d’avoir le crâne rasé, ils laissent pousser leur cheveux longs, les allongeant encore par des fils de laine nattés, l’ensemble noué en un chignon volumineux, véritable turban surplombant la tête. Pour les cérémonies importantes, ils passent, par dessus la robe de laine, une sorte de veste de soie et une étole également en soie. Le tissu en est parfois fort beau, mais le luxe de ce vêtement dépend évidemment des moyens financiers de l’officiant, et les magiciens errants ne possèdent souvent qu’une pauvre veste de soie sale, usée et rapiécée.

La pièce essentielle du costume est un chapeau spécial réservé aux cérémonies magiques. Il se compose d’une couronne de six pétales fixés autour d’un bonnet et formant une sorte de diadème. Chacun de ces pétales est fait d’une plaque de carton ou de métal doré, au centre de laquelle est peinte ou ciselée l’une des six syllabes de la fameuse invocation : « Om ma-ni pa-mé hum ! » véritable leitmotiv de la prière tibétaine.

Les instruments

Certains des instruments utilisés pour les cérémonies magiques appartiennent à l’arsenal habituel du culte lamaïque : le « dordjé », petit sceptre de cuivre symbolisant la flèche d’Indra exterminant les démons, la clochette, le « damarou », petit tambour (souvent fait de deux calottes crâniennes accolées et tendues de peau), les vases d’offrandes. Mais quelques autres sont spéciaux aux rites magiques : la dague de bois ou de métal dont la courte lame triangulaire est munie d’ailerons latéraux, tandis que la poignée est terminée par une tête de cheval représentant le démon tutélaire : Tamdin. Ce poignard est l’arme essentielle de la lutte contre les démons. Le miroir de métal enfin, est surtout utilisé pour la divination.

Les cérémonies magiques doivent se dérouler selon des règles très précises, indiquées dans des livres spéciaux ou tantra, que les officiants suivent scrupuleusement car la moindre erreur matérielle ferait perdre toute efficacité à l’opération. j’ai souvent assisté à la confection de mandala ou cercle magiques : un lama lit lentement le texte du tantra correspondant, tandis que ses collègues tracent avec un soin religieux le dessin compliqué, disposant minutieusement les fils et les poudre colorées, reprenant le texte, vérifiant si leur travail est bien conforme au rituel. Celui des « faiseurs de temps » est surtout fondé sur les tables astrologiques très utilisées au Tibet dans de nombreuses circonstances.

Comment chasser les orages

Les rites des « faiseurs de temps sont très archaïques et ils se sont vraisemblablement conservés sans grand changement depuis l’époque des sorciers pré-bouddhiques. Le but de la cérémonie est d’assurer la protection de la maigre moisson d’orge des paysans contre les orages et les chutes de grêle. Pour y parvenir, le sorcier utilise sa puissance magique dans une lutte sévère contre les forces naturelles, non pour les détruire, mais pour les détourner de leur cours. Il ne s’agit pas en effet de détruire un orage qui s’approche ou de l’empêcher de se résoudre en grêle, mais de le détourner vers une région autre que celle où opère le sorcier.

Les opérations préliminaires sont effectuées au printemps. Une procession des habitants du village conduite par le « faiseur de temps » se dirige vers un des sommets dominant la région. Chacun des participants porte un vestige animal : crâne de cheval, de mouton ou de chien, peau ou squelette de renard, de corbeau, de serpent ou de toute autre bête, préalablement rempli de bandelettes de papier inscrites de formules magiques, le tout entouré de fils de laine de cinq couleurs différentes. Un trou est creusé sur ce sommet, un feu y est allumé et chacun y jette ce qu’il avait apporté, tandis que le vent des hauts plateaux attise la flamme jusqu’à combustion complète. Des pierres sont alors amassées sur l’emplacement du bûcher pour former un petit cairn, à l’intérieur duquel on enferme parfois quelques flèches, un fer de lance ainsi qu’une image de l’oiseau mythique Garuda, monture de Vishnou et protecteur de la secte Bön.

Sur le cairn sont alors construits un certain nombre de petits édifices fragiles désignés sous le nom de « croix de fils », ils sont constitués par des baguettes entrecroisées autour desquelles on enroule des fils de laine de diverses couleurs. A la fin de la cérémonie, des rameaux de bouleaux agrémentés d’une plume blanche sont distribués aux assistants à la manière de nos rameaux bénits ; ils seront ultérieurement plantés dans les champs où ils joueront le rôle d’emblèmes protecteurs.

En dépit de la protection apportée par les « croix de fils », le rôle du « faiseur de temps » n’est pas terminé pour autant et c’est pendant l’été, saison des orages et de la grêle, qu’il devient capital, exigeant de lui un savoir, une vigilance et une décision de tous les instants. Il s’installe pour toute la saison dans une hutte spécialement édifiée à son intention par les villageois, sur un sommet d’où l’on jouit d’une vue très dégagée sur toute la région. Il peut ainsi surveiller le ciel et voir approcher les gros nuages annonciateurs de l’orage ou de la grêle, ce qui lui permet, s’il est suffisamment vigilant et compétent, d’agir à temps pour les arrêter.

Un bon « faiseur de temps » est capable de se rendre compte très rapidement du danger et de la menace de grêle qu’apporte le nuage qui approche, et il possède pour cela un certain nombre de moyens. L’un d’eux consiste à examiner l’image d’un nuage réfléchie sur une couche d’eau, au fond d’un large récipient plat fait d’un alliage spécial de cinq métaux précieux. Certains caractères de cette images lui indiquent si le nuage examiné apporte ou non la grêle, s’il risque d’éclater sur le village, mais il est impossible de connaître ces caractères qui sont le secret jalousement gardé du « faiseur de temps ». D’autres indications lui sont données par la sonorité de son damarou, ce petit tambour double dont nous avons parlé. Si elle est élevée « joyeuse » selon l’expression tibétaine, aucun danger ne menace le village ; si elle est au contraire assourdie, « menaçante », le danger de grêle est imminent et grave et il faut agir au plus vite pour le conjurer.

Le « faiseur de temps » se retire alors rapidement dans sa hutte. Brandissant son poignard magique, il récite des mantras destinés à influencer les divinités protectrice de la sectes à laquelle il appartient, à les « contraindre » à se faire ses auxiliaires dans la lutte contre les démons de l’orage. Nous avons vu que le « faiseur de temps » n’a pas la prétention de supprimer les nuages de grêle ou de les empêcher d’éclater sur le village dont il a la garde, son but est tout simplement de les détourner de leur cours naturel pour les orienter vers une autre région.

Si les paysans de la dite région ont également à leur service un « faiseur de temps » qualifié, vigilant et puissant, celui-ci renverra à son tour les nuages dans une autre direction. Cette lutte entre les pouvoirs des magiciens et les forces de la nature continuera jusqu’à ce que les nuages d’orage arrivent à proximité d’un village non protégé ou n’ayant à son service qu’un « faiseur de temps » incapable ou négligent ; n’étant arrêté par rien , ils fondront alors sur le village avec une force redoublée au grand détriment de la récolte qui risque d’être anéantie. Le malheureux magicien incapable ou négligent perdra évidemment toute la rémunération de son travail qui est toujours payé après la récolte, et seulement si elle est bonne. Il perdra également sa réputation et ses futurs engagements et sans parler de la sévère correction qu’il risque de recevoir des mains des paysans, furieux d’avoir été trompés et d’avoir perdu leur récolte par la faute de cet ignorant.

Heurs et malheurs des « faiseurs de temps »

Nous avons vu que la magie était utilisée dans toutes les sectes lamaïques, même dans la secte réformée des « bonnets jaunes » qui constitue l’Eglise officielle du Tibet, et à laquelle appartiennent le Dalaï-lama et le Panchen-lama. Nous avons également vu qu’il existe des collèges de magie dans les grandes universités lamaïques de Lhassa, et le gouvernement tibétain utilise les services réguliers de trois « faiseurs de temps », docteur ès-sciences magiques diplômés de ces universités.

Leur tâche essentielle consiste à empêcher la grêle de tomber dans le parc de Norbulingka, résidence d’été du Dalaï-lama dans la banlieue de Lhassa, ainsi que sur les fameux toits d’or du Potala, le palais-forteresse-monastère qui domine de sa masse puissante la capitale tibétaine et qui est le siège officiel du Dalaï-lama et du gouvernement tibétain. Une telle atteinte de la citadelle religieuse du Tibet serait en effet considérée par les Tibétains comme un présage funeste.

Ces trois « faiseurs de temps » officiels opèrent à tour de rôle. A titre de bénéfice, ils reçoivent du gouvernement la concession de terres de bon rapport et sont par ailleurs, autorisés à utiliser leur science pour le compte de particuliers, ce qui leur assure de substantiels revenus.

Mais leur haute situation est fragile, car un échec se traduisant par une chute de grêle sur l’un des deux emplacements privilégiés risque de leur attirer de très graves ennuis, et un certains nombre d’anecdotes circulent dans le peuple sur les heurs et les malheurs de ces grands personnages. On cite de belles réussites comme en ce jour fameux où la grêle cribla littéralement la campagne alentour du parc de Norbulingka sans qu’un seul grêlon atteignît l’intérieur du cercle magique tracé par le sorcier autour du domaine sacré. Par contre, un autre jour, la grêle ayant littéralement ravagé le parc du Dalaï-lama, le Régent, furieux, envoya chercher le « faiseur de temps » responsable, dans l’intention de le châtier sévèrement. Mais celui-ci déclara qu’il n’était en rien coupable, n’ayant pas le pouvoir de s’opposer à la volonté des dieux. Ceux-ci avaient, en effet, voulu prévenir par ce signe le Dalaï-lama qu’un danger imminent menaçait le peuple tibétain. Et pour prouver que sa compétence magique n’était pas en cause, il versa, sous les yeux du Régent, de l’eau dans un tamis sans qu’aucune goutte ne le traverse. Peu après cet incident, une grave épidémie de variole fit en effet de nombreuses victimes jusque dans l’entourage immédiat du Dalaï-lama.

Comment faire tomber la pluie ?

Le rôle des « faiseurs de temps » n’est pas uniquement d’éloigner la grêle, mais aussi de faire tomber la pluie en cas de sécheresse persistante. Ce cérémonial se rattache à un très vieux culte pré-bouddhique et même pré-aryen appartenant au fond le plus archaïque des religions indiennes : le culte des dieux-serpents habitant les sources et les rivières et considérés comme les divinités des eaux a persisté jusqu’à nos jours au Tibet, et le rituel actuellement utilisé par les « faiseurs de temps » est attribué à Tsong-kha-pa, le grand réformateur de la secte des bonnets jaunes.

Lorsque la sécheresse persistante devient inquiétante pour les cultures, on commence par organiser une procession des femmes du village, chacune portant sur son dos un des énormes livres sacrés de la lamaserie voisine ; en longue file elles tournent ainsi autour du village et des champs qui en dépendent. Si cette procession ne donne pas de résultats, on convoque le « faiseur de temps » qui procède alors à la cérémonie selon un rituel très compliqué.

L’officiant lave d’abord soigneusement le lieu où se déroulera la cérémonie, puis il y dépose une image de Tsong-kha-pa, des fleurs non vénéneuses, un gâteau blanc et un vase précieux dans lequel il place des pilules magiques, des fleurs et des épices tout en répétant cent huit fois le mantra de Tsong-kha-pa. Après avoir recouvert le vase d’un tissu rouge, il adresse aux dieux-serpents le petit discours suivant : « O ! vous, tous, nagas grands et petits, je viens vers vous non pour vous nuire mais pour vous demander de faire tomber la pluie, pour le grand bien des êtres et particulièrement des habitants de ce village. Vous savez que c’est Tsong-kha-pa qui vous a ordonné de m’obéir et si vous ne le faites pas, je vous briserai la tête par la puissance de mes mantras. Ecoutez-moi donc, et ne quittez pas ce lieu avant que la pluie ne tombe. » Après quoi, le lama continue la récitation de ses mantras tout en déposant des offrandes de nourriture, de pierre et de matériaux précieux devant les sources, les lacs et les rivières du voisinage, de façon à apaiser les divinités que les gens du village auraient pu mécontenter.

Finalement, un édifice magique très compliqué est construit dans un champ proche du village. Ce « palais de fils » ressemble un peu aux « croix de fils » dont nous avons déjà parlé, mais il est beaucoup plus élaboré et de taille beaucoup plus grande, pouvant atteindre jusqu’à quatre ou cinq mètres de hauteur. C’est un assemblage de baguettes et de fils de laine de couleurs diverses formant une élégante petite maison à claire-voie destinée à attirer et à abriter les esprits des eaux ; on espère, en effet, que cet aimable accueil les décidera à dispenser la pluie aux gens du village. La construction de ce palais de fils est longue et difficile, d’autant plus qu’elle doit obéir à des règles précises. Elle peut demander jusqu’à trente kilomètres de fils de laine, les doigts très habiles d’un spécialiste et plusieurs jours d’un travail patient et délicat.

Lorsque la sécheresse atteint toute une province, le gouvernement tibétain complète le travail des « faiseurs de temps » par des mesures officiels telles que l’interdiction des cérémonies pour empêcher la pluie. Cette défense pourrait apparaître sans objet, mais dans ce pays d’individualistes forcenés, il peut arriver que, en dépit de la sécheresse, quelques braves Tibétains fassent un sacrifice magique pour que la pluie ne vienne pas troubler la construction de leur maison, une fête de famille ou des danses lamaïques dans le monastère voisins !

Comme on le voit, les méthode utilisées au Tibet, pour lutter contre les dérèglements de la nature, sont pleines de poésie, d’imprévu et de fantaisie. Ont-elles plus ou moins d’effets que celles, d’apparence plus scientifique, que nous utilisons en Occident ? Il est bien difficile de le savoir avec certitude. Elles ont au moins l’avantage de passionner les Tibétains et de leur apporter un sentiment de sécurité métaphysique que nous sommes bien incapables d’éprouver, n’ayant pas la précieuse ressource de mettre sur le compte des dieux certains résultats qui pourraient paraître défavorables à des esprits superficiels, et que notre manque total de subtilité nous ferait naïvement considérer comme des échecs.

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